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Le système de justice et le domaine académique font actuellement face à une menace silencieuse mais dévastatrice : l'émergence alarmante d'individus qui, sous le couvert d'associations privées d'anthropologues légistes ou à titre personnel, agissent comme des syndicats à des fins idéologiques et criminelles contre l'État péruvien. Ils proposent des services d'expertise professionnelle hautement spécialisés et des formations sans disposer du soutien scientifique, éthique ou légal exigé par l'ordre juridique péruvien.
La prolifération des « super-experts » et la fraude académique dans l'anonymat
Le marché informel et illégal de la science légiste a configuré deux modalités criminelles récurrentes.
D'une part, l'apparition d'individus qui, ne possédant pas de diplôme professionnel en anthropologie ni l'inscription et l'habilitation obligatoires auprès de leur ordre professionnel, s'autoproclament « super-experts ». Ils se prétendent capables de rendre des rapports d'expertise dans n'importe quelle spécialité — allant de la balistique et de la scène de crime jusqu'à l'anthropologie physique — violant ainsi de manière flagrante les compétences scientifiques exclusives de chaque discipline.
D'autre part, on assiste à la prolifération d'institutions privées et d'associations qui proposent des diplômes et des cours de spécialisation en anthropologie légiste tout en maintenant le nom de leurs enseignants sous un strict anonymat jusqu'au moment de l'inscription. Le motif de cette dissimulation est évident : ceux qui dispensent les cours ne sont pas des anthropologues professionnels, manquent de production scientifique et d'expérience légiste, ou sont de parfaits inconnus dans la communauté académique. Ce type de pseudo-formation non seulement escroque les étudiants, mais introduit également des concepts erronés et de mauvaises pratiques qui nuisent de façon irréversible à la formation légiste dans le pays.
Experts anthropologues criminels et liés au terrorisme
Le problème s'aggrave de manière exponentielle avec les dénonciations selon lesquelles certains de ces groupes et réseaux sont intégrés par des spécialistes ayant des antécédents policiers. Certains font même l'objet de mandats d'arrêt découlant de leur implication dans des activités illicites durant la période de la lutte contre le terrorisme. Ces individus auraient joué un rôle crucial dans les accusations portées contre les membres des forces armées pour exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées.
En effet, la participation de ces spécialistes fait l'objet de graves contestations en raison d'une déficience scientifique et technique alarmante et suspecte, ainsi que d'erreurs méthodologiques élémentaires dans l'identification, la récupération et l'analyse des restes humains. L'absence de filtre éthique et d'un contrôle rigoureux permet à ces éléments de s'infiltrer non seulement dans la pratique officielle des expertises, mais aussi dans le secteur privé ou de la défense. Regroupés sous forme de syndicats, ils se présentent comme des interlocuteurs qualifiés devant les autorités, alors qu'en réalité, ils cherchent uniquement à poursuivre leur projet idéologique contre l'État péruvien et leurs activités hautement lucratives liées aux questions de droits de l'homme.
Actuellement, la situation prend des proportions scandaleuses lorsque l'on analyse le comportement de certains experts officiels. En leur qualité de fonctionnaires publics dans des affaires judiciaires médiatiques, ils font l'objet de graves dénonciations publiques pour fraude générique, abus d'autorité, usurpation de fonctions et même pour présentation de faux certificats de formation.
De même, on constate un flagrant manquement professionnel et un manque d'éthique : des agents de l'État agissent en tant qu'experts de la défense ou soutiennent des associations contre les institutions publiques mêmes pour lesquelles ils travaillent, ou profitent de leur accès aux informations officielles pour favoriser des intérêts privés. Ce comportement viole non seulement des principes éthiques élémentaires, mais enfreint aussi directement les interdictions légales explicites concernant la double perception de rémunération, les conflits d'intérêts et les restrictions post-emploi dans l'administration publique péruvienne.
Le cadre légal péruvien : Violations explicites de la réglementation en vigueur
L'action de ces fausses associations et de ces experts en infraction se heurte directement aux normes de rang constitutionnel, aux lois spéciales et aux codes institutionnels qui régissent l'exercice professionnel au Pérou:
1. L'exercice illégal de la profession et l'obligation d'inscription à l'ordre
Au Pérou, l'expert en anthropologie légiste doit obligatoirement posséder un diplôme d'anthropologue, être inscrit à l'ordre et habilité par l'Ordre Professionnel des Anthropologues du Pérou. Ceux qui exercent des fonctions d'expert ou enseignent la matière légiste sans remplir ces conditions commettent des infractions punies par le Code Pénal.
L'article 363 du Code Pénal péruvien stipule textuellement:
« Quiconque exerce une profession sans réunir les conditions légales requises sera puni d'une peine privative de liberté d'au moins deux ans et d'au plus quatre ans. »
De même, l'article 273 du Code de Procédure Pénale (CPP) de 2004 est catégorique concernant les conditions que doit remplir un expert:
« L'expert doit posséder un diplôme professionnel dans la matière et être dûment inscrit à son ordre professionnel, sauf si la science, la technique ou l'art n'est pas réglementé ou s'il n'existe pas de professionnels sur place. »
Dans le cas des diplômés en anthropologie sociale, ils ne devraient être autorisés à réaliser que des expertises socioculturelles. L'anthropologie étant une profession pleinement réglementée dans le pays, l'utilisation de faux diplômes ou la simulation de compétences constitue une violation pénale évidente.
2. Violation directe de la Loi N° 31564 (Loi sur la prévention des conflits d'intérêts)
Les agissements des agents publics qui participent en tant qu'experts de la défense contre l'État lui-même ou qui se trouvent en situation de conflit d'intérêts sont sévèrement sanctionnés.
La Loi N° 31564, *Loi régissant les obligations et les restrictions applicables aux agents publics afin de prévenir les conflits d'intérêts*, ainsi que son règlement respectif, interdisent strictement au personnel travaillant pour l'appareil d'État d'intervenir dans des affaires où l'institution dont il fait partie est engagée dans la procédure ou possède des intérêts opposés. Le fait d'agir en tant qu'expert de la défense contre sa propre institution enfreint le principe de probité de l'article 7 de la Loi N° 27815 (Loi du Code d'éthique de la fonction publique), lequel stipule que l'agent public doit agir avec droiture et honnêteté, en veillant à satisfaire l'intérêt général et en écartant tout profit ou avantage personnel.
3. La déficience technique face aux règles d'admissibilité scientifique
Les rapports d'expertise émis par ces « super-experts » ou faux spécialistes manquent de valeur probante valide et sont généralement rejetés lors des étapes de contrôle intermédiaire des procédures pénales en raison de leur manque évident de fiabilité.
L'article 178 du Code de Procédure Pénale stipule que le rapport d'expertise doit obligatoirement contenir:
« La description de la situation ou de l'état des faits, qu'il s'agisse d'une personne ou d'une chose, sur lesquels l'expertise a été réalisée ; l'exposé détaillé de ce qui a été pratiqué et son résultat ; et les conclusions auxquelles on parvient conformément aux principes de sa science, technique ou art. »
Lorsqu'un expert agit avec une « grande déficience scientifique », falsifie des certifications ou manque de la formation adéquate pour valider au sein de la population péruvienne les méthodes et techniques internationales qu'il utilise, il viole les garanties du procès équitable. Cela expose les acteurs de la justice à commettre de graves erreurs judiciaires et engendre une nouvelle victimisation des personnes touchées.
Conclusion
L'anthropologie légiste au Pérou ne peut pas devenir le terrain de jeu d'associations façades ayant des visées idéologiques et criminelles contre l'État péruvien, d'imposteurs académiques ou de professionnels sanctionnés ou en situation de conflit d'intérêts qui commercialisent la justice.
Les institutions de contrôle du système de justice ont l'obligation impérative de surveiller et d'appliquer rigoureusement les sanctions pénales et administratives exigées par les lois péruviennes. Défendre la rigueur de la science légiste revient, en fin de compte, à défendre la vérité, les droits de la population et la mémoire des victimes.
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